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End of an era...

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1 End of an era... le Mar 3 Mai 2011 - 11:26

Siobhan avait marché presque toute la nuit. Ce genre de comportement ne lui posait pas de problèmes particuliers, une petite sieste suffirait à la requinquer avant de rentrer à Kaamelott. Elle était pressée de terminer cette mission : Caerlion avait pour elle une odeur douce-amère d'inachevé, et y retourner lui coûtait. Mais rester la débitrice du Prince était quelque chose d'impossible, donc... Autant faire vite.
Arrivée à quelques centaines de mètres du hameau, la jeune femme s'arrêta, écouta.
Rien. Les bruits de la forêt, et c'est tout. Pas de bruits de chevaux, pas de bruissement de voix humaines. La lycane grimaça. Ca partait mal...
Elle se dévêtit rapidement, cachant le sac contenant ses vêtements dans le creux d'un arbre. La transformation ne prit que quelques douloureuses secondes, et le gros loup brun se mit à trotter vers le village.
Au bout d'une demi heure de vaines recherches, la louve s'assit sur la place du village, le coeur retourné. Morts. Tous. La peste avait dû prendre une forme tellement rapide qu'aucune mesure particulière n'avait été prise pour limiter la contagion. Certains corps étaient toutefois empilés dans des charrettes tirées par des chevaux qu'elle s'empressa de libérer en reprenant à nouveau sa forme humaine. Elle fit un tour sur elle même, espérant capter un son, mais... Rien.
Ah, si.
Plus loin, comme un râle. La jeune femme s'approcha lentement d'une maison un peu excentrée, plutôt plus grande que la moyenne, devant laquelle, curieusement, plusieurs corps étaient... entassés, comme s'ils avaient passé leur dernier souffle à tenter d'y pénétrer. Le bruit venait de l'intérieur.
La porte ne fit pas long feu face à la force de la lycane, et s'ouvrit en perdant un de ses gonds. Siobhan eut presque un sourire : la malédiction était toujours présente. Mais cette pensée en amenant une autre, son regard se porta plus haut, vers une maison qu'elle avait soigneusement évitée, et son visage se ferma. Plus tard. Pour l'heure, elle entra précautionneusement dans la grande maison, et suivit le râle.
Dans un coin, un homme gisait dans ses excréments, au milieu de réserves de nourriture, le visage et le corps déformés par les bubons les plus énormes qu'elle ait jamais contemplés. La seule chose reconnaissable était les cheveux noirs bouclés de l'homme agonisant. Elle s'agenouilla à ses côtés.
- Messire ? Messire ? Que c'est il passé ici ?
L'homme leva des yeux vitreux vers la jeune femme et répondit, curieusement prolixe :
- La maladie... La punition divine pour avoir laissé s'échapper deux de mes femmes. Tout le monde... y est passé si vite... Enfants, hommes, femmes, vieillards... Je leur ai ordonné de rester ici, parce que j'allais tout arranger. Et j'ai rassemblé la nourriture ici pour les y forcer... Le lendemain, ils étaient presque tous atteints et venaient gratter à ma porte alors... J'ai tout barricadé. Je n'étais pas malade, moi ! J'étais fort ! Et ils sont morts comme des cons, dehors... Et moi je suis vivant ! *rire gras s'achevant en toux*
- Voilà une situation qui peut aisément s'arranger, messire. Vous êtes malade, vous allez bientôt mourir. Je ne contreviendrai pas à mes voeux en vous achevant. *pose ses mains sur la nuque de l'homme* Des observations ?
- Vous ne pouvez pas ! Je suis le Duc d'O...
Un craquement sinistre retentit. Le corps déformé glissa au sol.
- De plus rien, messire, je le crains.
*
**
Après avoir porté l'ensemble des corps qu'elle put trouver dans la maison commune au centre du village, Siobhan y mit le feu. Ce qui ne brûlerait pas serait de toutes façons enseveli sous les décombres. Méthodiquement, elle mit aussi le feu à toutes les maisons du village. De celle qu'elle réserva pour la fin, elle sortit le corps d'un homme athlétique aux cheveux châtains, avec lequel elle disparut une heure dans la forêt. Quand elle revint, elle avait de la terre jusqu'en haut des avant-bras et les yeux rouges, mais elle termina le travail sans plus de traces d'émotion.
Une fois Caerlion en flammes, la jeune femme reprit le chemin vers ses vêtements et, avant de s'habiller, déposa dans sa gibecière une chevalière aux armes de l'Orcanie et un curieux médaillon gravé de signes qu'elle ne savait pas lire.
Puis, dès qu'elle fut vêtue, elle reprit le chemin de Kaamelott. Sa sieste attendrait.

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